IA et enseignement

Formation IA et enseignement — Séance 2 : écrire des prompts pédagogiques efficaces

2026-06-12 - Frederic Pierron
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Formation IA et enseignement — Séance 2 : écrire des prompts pédagogiques efficaces

Voici la deuxième séance d’une formation sur l’intelligence artificielle générative destinée aux enseignants. Cette séance est volontairement pratique : il ne s’agit pas de présenter un catalogue d’outils, mais d’apprendre à formuler des demandes qui produisent des supports réellement utilisables en classe.


Un objectif professionnel, pas spectaculaire

Il ne s’agit pas de déléguer le travail de l’enseignant à l’IA, mais de comprendre comment elle peut aider à préparer, structurer, différencier, reformuler, évaluer ou améliorer une activité, tout en gardant la maîtrise didactique. La vidéo propose plusieurs pauses suggérées : à certains moments, je vous invite à arrêter la lecture pour tester vous-même les démarches présentées, sur une activité que vous devez réellement préparer.

Trois principes avant d’écrire un prompt

Avant toute formulation, trois principes guident la démarche :

D’une demande vague à une demande professionnelle

Les meilleurs prompts ne se contentent pas de demander à l’IA de « produire quelque chose » : ils transforment une intention pédagogique en objet de travail. Une demande vague produit souvent un texte séduisant mais difficilement utilisable ; une demande professionnelle précise le niveau, la tâche, le format, les contraintes et la vérification attendue.

L’exemple du romantisme illustre bien cette différence : « Fais-moi un cours sur le romantisme » appelle une réponse générale, sans destinataire ni objectif. Un prompt amélioré définit au contraire une situation complète — une classe de Seconde, une durée, un objectif, un support littéraire, une aide pour les élèves fragiles, une trace écrite et une vérification.

Construire un prompt comme une consigne d’atelier

Un prompt utilisable doit contenir les informations qui permettront ensuite de juger la réponse : le niveau, l’objectif (formulé comme un verbe d’apprentissage — distinguer, justifier, comparer, résoudre, reformuler…), le format attendu, et les contraintes du contexte de classe.

La séance propose un gabarit de prompt, réutilisable dans la plupart des disciplines, ainsi que quelques leviers complémentaires :

Évaluer et améliorer la réponse

La séance insiste sur un point central : ce que produit l’IA n’est jamais validé du seul fait qu’il est bien formulé. La question essentielle n’est pas « est-ce bien écrit ? » mais « est-ce que cela correspond à mon objectif, à mes élèves, au programme — et est-ce que je pourrais l’utiliser demain en classe ? ». Si la réponse ne laisse aux élèves qu’à recopier ou suivre une procédure sans réfléchir, il faut retravailler.

Une réponse moyenne n’est pas un échec : c’est une étape de travail. La relance sert à reprendre la main, en identifiant précisément ce qui doit être ajusté — longueur, niveau, précision, conformité au programme, format, ou risque de substitution au travail des élèves.

Au-delà du texte : images, schémas, quiz

L’IA générative ne se limite plus au texte : elle peut produire des images, des schémas, des cartes mentales ou des quiz. Le principe reste le même — une production visuelle ou interactive doit être pensée comme un support d’apprentissage, et non comme un objet séduisant en soi. Plus le support est convaincant, plus il faut vérifier ce qu’il fait réellement comprendre.

Quatre gestes à retenir

La séance se conclut sur quatre gestes simples : cadrer précisément, fournir les bons documents, tester la réponse, et corriger l’IA comme un assistant, tout en gardant la main. L’idée centrale est celle d’un dialogue contrôlé : l’IA peut proposer, organiser, reformuler, enrichir ou simplifier, mais elle ne doit jamais devenir l’autorité pédagogique. C’est l’enseignant qui définit l’objectif, choisit les documents, vérifie la pertinence et décide ce qui peut être transmis aux élèves.